Jean-Marc Foussat / Henri Roger, Géographies des transitoires, Facing You / IMR, 2015

Et si la musique proposée ici n’était en réalité qu’une circulation du son? Une errance volontaire dans laquelle aucun des deux ne cherchent à s’implanter dans un univers particulier mais plutôt à faire glisser et rester en mouvement. On retrouve ici le même principe qui avait séduit dans Siderrances (le duo de Roger et Akchoté). Mais plutôt que de chercher le mouvement et la vitesse, on est ici dans l’apesanteur et le non-lieu, l’étirement du son, les accords plaqués aussitôt oubliés. La voix du piano est grave et se désintéresse souvent de la partie droite du clavier. Et même si les machines de Foussat semblent dominer, l’apport du pianiste est essentiel pour canaliser le tout. Ce disque peut dérouter mais son cheminement hiératique est le chemin même qu’il faut suivre pour le comprendre.