Brouettée de chroniques - septembre 2011

Tim Berne, saxophone alto, et Bruno Chevillon, contrebasse, se fréquentent depuis fort longtemps. Le premier, enfant terrible du jazz américain courant 90, le second, un des bassistes les plus élégants de la scène européenne nous offre un duo totalement improvisé certes mais qui intègre parfaitement les gestes du jazz, ça crisse, grince ou murmure mais la précision de jeu et l'invention constante sont une vraie jubilation. Les atmosphères sont variées et montrent l'amplitude dont ces messieurs sont capables, c'est à une véritable conversation amicale à laquelle nous assistons.

 

Bruno Chevillon - Tim Berne, Old and unwise, Clean Feed, 2011

(chronique parue dans So Jazz n°19, septembre 2011)

Une commande de l'abbaye de Royaumont a permis à Andy Emler, ici en marge de son Megaoctet mais néanmoins entouré de quelques uns de ces musiciens, de s'approprier un orgue d'église pour un répertoire original. Cinq pièces d'une dizaine de minutes chacune se succèdent donc où l'on voit trois duos (Laurent Blondiau, Laurent Dehors, Guillaume Orti) et un trio (Eric Echampard, Claude Tchamitchian) pour une ambiance qui renouvelle les clichés qu'on peut avoir de cet énorme instrument. Délicatesse, voies éthérées et groove subtil sont au rendez-vous pour un disque d'une belle homogénéité.

 

Andy Emler, Pause, Naïve, 2011

(chronique parue dans So Jazz n°19, septembre 2011)

Nouvelle étape dans le parcours du guitariste Nelson Veras: le trio. En compagnie du contrebassiste Thomas Morgan et du batteur Stéphane Galland, on apprécie toujours autant la complexité lumineuse de ses lignes mélodiques et la clarté de sa sonorité. Ce qui attire l'oreille, c'est l'empathie des musiciens, dont les jeux sont issus des conceptions les plus novatrices du jazz actuel (type Steve Coleman) qui leur permet, dans un interplay non feint, de dérouler un discours totalement ouvert, aéré, contradictoirement incandescent et teinté d'un lyrisme blanc. Rouge sur blanc.

 

Nelson Veras, Rouge sur blanc, Bee Jazz, 2011

(chronique parue dans So Jazz n°19, septembre 2011)

Un duo où le saxophone ou clarinette tenus par Antonin-Tri Hoang et le piano de Benoît Delbecq nous amènent dans un voyage initiatique à travers des paysages de jazz, d'avant-garde, de musique improvisée et de musique contemporaine. Ici, la jeunesse et le talent émergent du jeune Tri Hoang, là la  modernité et le savoir faire de Delbecq. A l'initiative du premier pourtant (les (belles) compositions sont de lui), c'est aussi un duo serein de Delbecq que nous attendions depuis longtemps. Au delà de ça, ne s'instaure aucun rapport hierarchique entre eux mais l'envie de faire naître de la musique.

 

Antonin-Tri Hoang - Benoît Delbecq, Aéroplanes, Bee Jazz, 2011

(chronique parue dans So Jazz n°19, septembre 2011)