Alban Darche, L'Orphicube, Pépin & Plume, 2013

Il semblerait que le terme « prolifique » fut inventé en son temps pour exprimer aujourd'hui le travail du saxophoniste, compositeur, arrangeur et chef d'orchestre Alban Darche. Depuis quelques mois en effet ce dernier a fait paraître rien moins que trois disques. Tous de qualité supérieure : Frelon rouge avec son trio Cube, Queen Bishop (réinterprétation du répertoire de Queen avec sa grande formation le Gros Cube) et aujourd'hui le disque de sa nouvelle formation l'Orphicube.

L'Orphicube est une déclinaison du Gros Cube précédemment cité où l'on retrouve la majeure partie des musiciens proches de Darche (Matthieu Donarier, Sébastien Boisseau, Christophe Lavergne, François Ripoche, ...) auquel il faut ajouter trois nouveaux arrivants. Pour le violon Marie-Violaine Cadoret, au piano Nathalie Darche, toutes deux venues du classique. Didier Ithursarry complète le trio. Accordéoniste protéiforme capable de jouer de tous les univers musicaux, il apporte un son aussi large que ses bras peuvent ouvrir les soufflets de son instrument. Tous trois ajoutent au son d'ensemble une onctuosité toute classique et le répertoire se fait moins rock que sur de précédents projets (on pense à Polar Mood).

Les spécificités musicales d'Alban Darche restent bien présentes. Les arrangements puisent dans tous les idiomes que le jazz a pu développer au cours de son histoire (swing, dissonance free) mais également dans des formes de musiques traditionnelles ou folkloriques, un savant dosage entre arrangements empruntant tant au tango de Piazzola qu’aux grands compositeurs classiques. Les morceaux toujours parfaitement rythmés invitent aux voyages par des modulations de thème au creux desquels se logent les interventions solistes des musiciens pleinement stimulés par toute cette belle mécanique.

Les narrations se développent amplement (dans des pièces relativement courtes - contradictoirement). Ce sont des paysages, déployant une géographie recelant tant de couleurs de timbres, de brisures et relances que l’on se retrouve embarqué pour le long cours, à la fois barque et océan.

Reste à souligner la bluffante et permanente invention mélodique d’Alban Darche capable de proposer des airs aussi originaux qu’immédiatement accessibles, et voilà une manière de faire d’un art intrinséquement savant une musique populaire.

 

(Ce disque constitue la première référence du tout nouveau label Pépin & Plume, longue vie à lui).

 

un extrait dans cette émission

 

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